3 mars 2026
Les émissions indirectes de la chaîne de valeur représentent souvent 70 à 90 % de l'empreinte carbone totale d'une entreprise.

Le protocole GHG (Greenhouse Gas Protocol) distingue trois périmètres d'émissions. Le Scope 1 regroupe les émissions directes de l'entreprise, issues par exemple de ses véhicules ou de ses équipements de combustion. Le Scope 2 correspond aux émissions indirectes liées à l'électricité et à l'énergie achetées. Le Scope 3, enfin, englobe toutes les autres émissions indirectes générées en amont et en aval de l'activité : achats de matières premières, transport de marchandises, déplacements professionnels, utilisation des produits vendus, fin de vie des déchets.
C'est ce troisième périmètre qui pose le plus de difficultés, alors qu'il représente généralement la part la plus importante de l'empreinte carbone totale, souvent entre 70 et 90 % selon les secteurs. Le Scope 3 se décompose en quinze catégories normalisées, allant des biens et services achetés au transport amont et aval, en passant par les déplacements domicile-travail des employés. Peu d'entreprises, y compris parmi les grands groupes, disposent de données primaires fiables sur l'ensemble de ces catégories : l'estimation par des facteurs d'émission moyens (dits « facteurs proxy ») reste la norme dans les premières années de mesure.
Pour les entreprises exportatrices d'Afrique de l'Ouest, ce sujet devient de plus en plus concret. Les filières coton, anacarde ou textile sont scrutées par des acheteurs européens soumis à la CSRD, qui doivent eux-mêmes rendre compte de leur propre Scope 3 — c'est-à-dire des émissions de leurs fournisseurs. Une PME incapable de fournir ne serait-ce qu'une estimation raisonnable de son empreinte carbone risque de devenir un point faible dans le reporting de ses clients, avec un impact direct sur la relation commerciale.
En pratique, mieux vaut avancer par étapes plutôt que viser l'exhaustivité dès la première année : identifier les deux ou trois catégories les plus significatives pour son activité (souvent les achats de matières premières et le transport), collecter les données disponibles auprès des fournisseurs et transporteurs, puis affiner progressivement la précision des calculs au fil des campagnes de reporting. Un suivi carbone structuré par périmètre, avec traçabilité des sources, est largement préférable à un chiffre unique non documenté.